Le breton, comme toutes les langues, comporte un certain nombre de particularités grammaticales. En voici deux qui méritent de s’y attarder. Tout d’abord, à l’instar du français, les noms bretons ont tous un genre. Ainsi, levr (livre, prononcez leor) est gourel (masculin) tandis que taol (table) est gwregel (féminin, que l’on dit aussi benel). Jusque-là, rien de révolutionnaire ! Oui mais voilà, cela se corse lorsque de nombreux noms n’ont pas le même genre qu’en français. Aval (pomme), alc’hwez (clé) et lizher (lettre) sont des noms masculins, tandis que kontell (couteau), moger (mur) et plijadur (plaisir) sont bel et bien féminins. Cela explique nombre de bretonnismes, tels « le maison » (an ti) ou « la bateau » (ar vag), fréquents il y a peu encore dans le français à la sauce bretonne… Mais comment s’y retrouver ? C’est avant tout une affaire d’habitude, mais on peut toutefois remarquer que la très grande majorité des noms finissant en -enn sont féminins. Il s’agit, pour beaucoup, de noms relatifs à la nature : gwezenn (arbre), balafenn (papillon), koumoulenn (nuage)… Pour les autres, on peut essayer de les dénombrer. En effet, la langue bretonne possède des adjectifs numéraux genrés ! Rassurez-vous, cela ne vaut que pour deux (daou ou div), trois (tri ou teir) et quatre (pevar ou peder). Si vous avez un doute concernant « ti » par exemple, essayez de voir lequel de « daou di » ou « div di » sonne le plus juste. Et si le doute persiste, cherchez dans un dictionnaire !
Mais au fait, avez-vous remarqué que l’on n’accorde pas le pluriel en breton ? On dira donc daou di (deux maisons) ou encore hanterkant ti (cinquante maisons) sans utiliser la marque du pluriel tiez (des maisons) comme pour souligner qu’il s’agit de deux fois ou cinquante fois une maison. Pratique, mais dès que la quantité n’est pas indiquée, al liester (le pluriel) revêt des formes diverses. An traoù (les choses), par exemple, prennent la plupart du temps une marque en -où ou -ioù, tels que pladennoù (des disques) ou kadorioù (des chaises). Les activités humaines, notamment les métiers, ont, quant à eux, un pluriel en -ien ou masculin et -ezed au féminin, ce qui donne kelennerien (des enseignants) et kelennerezed (des enseignantes).
Sans lien aucun avec la catégorie précédente, les animaux adoptent très souvent une terminaison en -ed, tels lapoused (des oiseaux) ou amprevaned (des insectes). Vous suivez toujours ? Si oui, accrochez-vous car reste le contingent des exceptions valables pour chaque catégorie, comme gwastell (gâteau) qui devient gwastilli (des gâteaux) ou bran (corbeau) qui se métamorphose en brini (des corbeaux). Il existe même des sur-pluriels tels que park (champ) pouvant donner parkoù (des champs) ou parkeier (des champs en grande quantité). Mais en réalité, la langue bretonne c’est comme le reste : quand on aime, on ne compte pas !

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