Degemer mat e Breizh ! Bienvenue en Bretagne ! Ses côtes de légendes, ses chapelles, ses festivals, sa culture… Et sa langue, car comme le rappelle la chanson d’Alan Stivell, « hep brezhoneg, Breizh ebet ! » (sans langue bretonne, pas de Bretagne). Vous qui passez l’été chez nous, voici quelques pistes pour mieux comprendre cet élément fondamental de notre identité. Pour commencer, le breton est une langue indo-européenne, classée parmi ar yezhoù keltiek (les langues celtiques), qui ont pour lointain parent ar galianeg (le gaulois). Le breton s’est implanté en Armorique au début du Krennamzer (Moyen-Âge) lors de l’émigration massive des Bretons, fuyant notamment l’invasion de leur île par les Angles et les Saxons…
Aujourd’hui, c’est la seule langue celtique implantée sur le continent. Les langues les plus proches sont ar c’hembraeg (le gallois) et ar c’herneveureg (le cornique) parlées de l’autre côté de la Manche. Leur passé commun explique les nombreuses similitudes dans le vocabulaire, la syntaxe, la toponymie… Mais après plusieurs siècles de séparation, elles ont évolué chacune de son côté jusqu’au stade actuel où l’intercompréhension n’est plus possible. L’autre branche celtique abrite ar gouezeleg (le gaélique, que celui-ci soit parlé en Irlande ou en Écosse) et ar vanaeg (le manxois, parlé sur l’île de Man).
Cette diversité linguistique cache des statuts et réalités bien différentes : si les Gallois, par exemple, ont obtenu un statut d’officialité pour leur langue et bénéficient d’une télévision publique tout en gallois, les Bretons doivent encore décrocher une reconnaissance juridique protégeant la pratique du breton dans la vie publique, l’éducation, les médias… Cela explique qu’aujourd’hui en Bretagne, on estime à plus de 200 000 le nombre de brezhonegerien (brittophones). Rapporté à la population globale de la Bretagne, cela ne fait que 5 % de locuteurs. Bien loin des 20 % pour le pays de Galles ! De plus, les « native speakers » sont majoritairement des personnes âgées. En cause, la cassure massive de la transmission familiale après-guerre, suite à des années d’interdiction et de vexations, notamment à l’école. Néanmoins, la langue bretonne bénéficie d’une belle vitalité culturelle engagée dans les années 70. Ar skolioù (les écoles) sont à la pointe du combat pour la reconquête linguistique, au rang desquelles se trouvent les écoles Diwan (le germe) qui pratiquent une pédagogie basée sur l’immersion. Quelque 19 000 enfants apprennent actuellement yezh o zadoù-kozh (la langue de leurs grands-pères) en filière bilingue et entretiennent ainsi la flamme…

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