Découvrez tout
l’univers TF1 INFO
Source : JT 20h WE
"Avant la course, je prie pour mon fils pour qu’il ne lui arrive rien. J’ai bien conscience que j’envoie Deden à la guerre". Les enfants jockeys à l’image de Deden sont les enfants soldats des champs de course. Ils ont entre cinq et douze ans. Leurs parents les exploitent avec l’espoir d’avoir une vie meilleure, sur une île où le salaire moyen est de 120 euros par mois. Le grand vainqueur reçoit une mobylette, une vache, un réfrigérateur et une télévision. 
À l’origine, des adolescents participaient à ces courses. Mais au début des années 1980, la tradition change. Les propriétaires de chevaux veulent davantage de spectacle. Ils décident alors de recruter des enfants, plus légers, pour que les chevaux aillent plus vite et que les paris s’envolent. Ils sont pourtant interdits en Indonésie. Mais l’armée qui organise ces courses ferme les yeux sur ce commerce juteux. 
Avant chaque départ, les enfants découvrent leur cheval. Et ce cheval, il faut le monter à cru, pieds nus. "Il est trop grand", redoute un enfant forcé par son père. Comme les autres enfants, Deden s’accroche à son cheval comme à sa vie. À 70 km/h, la moindre chute peut avoir des conséquences irréversibles qui ne pèsent pas bien lourd dans la balance des gains. En quatre ans de carrière, Deden a déjà remporté 7000 euros à son père. Jusqu’ici, il n’a jamais été grièvement blessé. Mais d’autres enfants n’ont pas eu cette chance. 
À quelques kilomètres de là, une famille porte le deuil. Muhammad, neuf ans, est mort sur un champ de course. "Mon fils m’a dit en montant sur le cheval ‘j’ai peur de monter sur ce grand cheval papa. Je ne vais pas sortir ma cravache’. Je m’en veux vous savez", témoigne le père de Muhammad. Le jour du drame, il n’y avait aucune ambulance à proximité du champ de course. Les enfants jockeys ne sont couverts par aucune assurance. 
Le 20H de TF1 est allé voir la fédération qui gère ces évènements pour comprendre pourquoi cette tradition perdure dans de telles conditions. "Les gens aiment cette course. Beaucoup de gens aiment cette course. C’est une vieille tradition et cette tradition, on ne peut pas l’arrêter comme ça parce que les gens y sont attachés", explique Dahlan M.Noer, président de la fédération des sports équestres, dans le reportage en tête de cet article. 
Sur cette île indonésienne, pour tout le monde, la tradition fait loi. Sauf pour Dewi Ratna Muchlisa qui se bat pour faire interdire les enfants sur les champs de course. "D’après la loi, c’est interdit de faire travailler les enfants et de les exploiter de la sorte pour qu’ils soutiennent financièrement leurs familles. Ce n’est pas à cet âge qu’on gagne de l’argent. C’est de la maltraitance", affirme-t-elle. 
Un combat solitaire. Le jour où d’autres voix s’élèveront, les autorités mettront peut-être fin à cette tradition. En attendant, personne ne connaît le nombre exact d’enfants morts sur ces champs de courses. 
Sur le
même thème
Tout
TF1 Info

source

Catégorisé: