Aes eo ar brezhoneg da zeskiñ ? Le breton est-il une langue facile à apprendre ? S’il n’est pas aisé de répondre objectivement, on peut toutefois s’avancer à dire que celle-ci ne recèle aucune difficulté insurmontable pour les débutants. Il y en a cependant deux qui méritent quelques explications.
Tout d’abord, la langue bretonne, telle que parlée traditionnellement, est une langue très dialectalisée. Si elle a été très tôt écrite, son usage est resté surtout oral. À cela s’ajoute le fait que la République française a longtemps mené la guerre contre cette langue, longtemps bannie de l’école et toujours privée de médias publics entièrement en breton. Cela explique notamment pourquoi les locuteurs analphabètes en breton n’ont pas de référentiel écrit et peinent parfois à se comprendre.
Le néophyte devra donc passer outre les remarques telles « Ce n’est pas le même breton », et apprendre à composer avec ar rannyezhoù (les dialectes) qui influent sur la prononciation, le vocabulaire, voire la syntaxe…
Petit exemple : dans le Trégor, on utilise « beure » pour parler du matin, alors que le reste des brittophones lui préfère « mintin ». Idem pour le cochon, qui selon les régions se dira « penn-hoc’h », « pemoc’h » ou encore « porc’hell ». Cela peut être déconcertant de prime abord, mais la diversité n’est-elle pas également source de beauté et de richesse ?
La seconde épreuve consiste à dompter ce que l’on appelle « ar c’hemmadurioù » (les mutations). Il s’agit là d’un phénomène bien présent en breton comme dans les autres langues celtiques. Le principe est simple : la première lettre d’un mot peut changer en fonction du mot qui le précède. Par exemple : « ki » veut dire « chien », mais on dira « ar c’hi » pour « le chien » ou « da gi » pour ton chien ! Mais à quoi cela sert-il, me direz-vous ? Ce système peut s’avérer très utile pour distinguer les masculins des féminins. L’adjectif « kozh » donnera ainsi « an hini kozh » (le vieux) mais deviendra « an hini gozh » (la vieille). Il entre aussi en ligne de compte avec les pronoms possessifs : tad (père) reste identique pour « ho tad » (votre père) mais se change en « o zad » pour « leur père ».
Notons que ces mutations peuvent faciliter la prononciation. « Kemener » (tailleur, qui est aussi un nom de famille) sera plus facile à articuler avec une mutation en devenant « ar c’hemener » (le tailleur) ou « ar gemenerien » (les tailleurs). Il existe quatre familles de mutations en breton : ar c’hemmadurioù dre vlotaat (adoucissantes), dre galetaat (durcissantes), dre c’hwezhañ (spirantes) ha mesket (et mixtes). De quoi confirmer l’adage cher aux apprenants « kemmadur, plijadur » (les mutations, c’est que du plaisir). Mais il faut dédramatiser car cette gymnastique est somme toute assez logique et devient vite naturelle !

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